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Liaisons chimiques et géométrie moléculaire

~28 min de lecture 7 sections
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Ce que tu vas travailler

Relier la structure des atomes aux liaisons, aux composés et aux mélanges.

Prérequis : Puissances de dix et unités de masse et de volume.

Lis les explications, refais les exemples sur papier, puis cherche les exercices avant d’ouvrir leur correction. La fiche de synthèse, lorsqu’elle est disponible, sert à réviser après le cours.

Pourquoi l'huile ne se mélange-t-elle pas à l'eau ? Pourquoi un anesthésiant liposoluble traverse-t-il la membrane d'un neurone en une seconde ? Les réponses sont dans la façon dont les atomes se lient et dans la géométrie qui en découle.

Retiens la logique du chapitre : liaison → polarité → forme → solubilité. Chaque étape découle de la précédente.

Sommaire du cours

1Pourquoi les atomes se lient

Un atome isolé n'est pas forcément heureux. Ce qui gouverne sa réactivité, ce sont les électrons de sa couche externe (dite couche de valence). L'observation clé, c'est que les gaz nobles (hélium, néon, argon…) ne réagissent quasiment jamais : ils sont chimiquement inertes. Leur secret ? Leur couche externe est saturée — 8 électrons (ou 2 pour l'hélium). Cette configuration est un puits de stabilité, un état de basse énergie que tous les autres atomes « cherchent » à imiter.

C'est la règle de l'octet : un atome tend à gagner, perdre ou partager des électrons pour se retrouver avec 8 électrons sur sa couche externe (2 pour l'hydrogène et l'hélium, trop petits). Attention, ce n'est pas une intention consciente de l'atome : c'est simplement que les arrangements stables sont ceux de plus basse énergie, et la nature « tombe » toujours vers l'énergie minimale, comme une bille roule au fond d'une cuvette.

Selon sa position dans le tableau périodique, un atome a une stratégie différente. Le sodium (Na, 1 électron de valence) préfère perdre ce seul électron pour retrouver l'octet du néon en dessous. Le chlore (Cl, 7 électrons de valence) préfère en gagner 1 pour compléter son octet. L'oxygène (6 de valence) en cherche 2, l'azote (5 de valence) en cherche 3. C'est cette « comptabilité électronique » qui explique toutes les formules chimiques que tu connais.

Compter les électrons de valence

Pour les éléments des colonnes principales, le nombre d'électrons de valence est donné par le numéro de colonne (colonnes I à VIII de l'ancienne notation). Na est en colonne I → 1 électron de valence. O est en colonne VI → 6. Cl en colonne VII → 7. Ce simple réflexe te dit tout de suite combien de liaisons l'atome va former.

🧩 Combien d'électrons le magnésium (Mg, colonne II) doit-il perdre pour respecter la règle de l'octet, et quel ion forme-t-il ?

Facile

🧩 L'azote (N, colonne V) tend à gagner des électrons. Combien lui en manque-t-il pour l'octet ? Déduis la formule de son composé avec l'hydrogène.

Intermédiaire

2La liaison ionique

Na1 e⁻ transféréClNa⁺Cl⁻
Liaison ionique : un atome cède un électron à l'autre. Les ions +/− formés s'attirent.

Quand un atome qui perd facilement des électrons (un métal) rencontre un atome qui les capte avidement (un non-métal), il se produit un véritable transfert d'électrons. Le métal donne, le non-métal prend. Prenons le cas emblématique du sel de cuisine. Le sodium cède son unique électron de valence au chlore. Résultat : le sodium devient l'ion Na⁺ (positif car il a perdu un électron négatif) et le chlore devient l'ion Cl⁻ (négatif car il en a gagné un).

Ces deux ions portent maintenant des charges opposées. Or, comme tu l'as vu en électrostatique, des charges opposées s'attirent par la force de Coulomb. C'est précisément cette attraction électrostatique entre ions de signes contraires qu'on appelle la liaison ionique. Elle n'a rien de mystérieux : c'est de l'attraction de charges, purement et simplement.

Na→Na++e−\displaystyle \text{Na} \rightarrow \text{Na}^+ + e^-Cl+e−→Cl−\displaystyle \text{Cl} + e^- \rightarrow \text{Cl}^-Na++Cl−→NaCl\displaystyle \text{Na}^+ + \text{Cl}^- \rightarrow \text{NaCl}
La formation du chlorure de sodium par transfert d'électron.

Un point crucial : une liaison ionique ne forme pas une « petite molécule » isolée de deux ions. Chaque Na⁺ attire tous les Cl⁻ autour de lui, et chaque Cl⁻ attire tous les Na⁺ voisins. Il en résulte un empilement régulier et géant, un cristal ionique, où les ions alternent dans les trois dimensions. C'est pourquoi le sel est un solide dur à température ambiante. La formule NaCl n'indique donc pas une molécule, mais le rapport des ions dans le cristal : autant de Na⁺ que de Cl⁻.

Les propriétés des composés ioniques

Ces cristaux ont trois signatures caractéristiques. Point de fusion élevé : il faut beaucoup d'énergie pour casser toutes ces attractions (NaCl fond à 801 °C). Solubles dans l'eau : les molécules d'eau, polaires, viennent séparer les ions. Conducteurs une fois fondus ou dissous : les ions, libres de bouger, transportent le courant. Solide, en revanche, un cristal ionique n'est pas conducteur car ses ions sont bloqués.

🧩 Écris la formule du composé ionique formé entre le calcium (Ca²⁺) et le chlore (Cl⁻).

Facile

🧩 L'aluminium forme Al³⁺ et l'oxygène forme O²⁻. Quelle est la formule de l'oxyde d'aluminium ?

Intermédiaire

3La liaison covalente

HHpaire partagée
Liaison covalente : les deux atomes mettent en commun une paire d'électrons — personne ne cède, on partage.

Entre deux non-métaux, aucun des deux atomes ne veut céder ses électrons : ils sont tous deux « avides ». La solution n'est plus le transfert, mais le partage. Deux atomes mettent en commun une paire d'électrons, qui appartient alors aux deux à la fois : c'est la liaison covalente. Chaque atome « compte » les électrons partagés dans son propre octet, si bien que les deux y trouvent leur compte.

Prends la molécule de dihydrogène H₂. Chaque hydrogène a 1 électron mais en veut 2. En mettant leurs deux électrons en commun, ils forment une paire partagée : chaque H « voit » maintenant 2 électrons autour de lui. La paire partagée s'appelle un doublet liant. Les paires d'électrons qui ne participent pas à la liaison et restent sur un seul atome s'appellent des doublets non liants (ou doublets libres).

Le partage peut concerner plus d'une paire. On distingue trois types de liaisons covalentes selon le nombre de doublets partagés :

Type de liaisonDoublets partagésExempleNotation
------------
Simple1 doublet (2 e⁻)H₂, Cl₂H–H
Double2 doublets (4 e⁻)O₂, CO₂O=O
Triple3 doublets (6 e⁻)N₂N≡N

Plus il y a de doublets partagés, plus la liaison est courte et forte. La triple liaison de l'azote N₂ est extrêmement solide : c'est pourquoi le diazote de l'air est si peu réactif, et pourquoi il faut tant d'énergie pour le « fixer ».

O+O→O2(O=O)\displaystyle \text{O} + \text{O} \rightarrow \text{O}_2 \quad (\text{O}=\text{O})N+N→N2(N≡N)\displaystyle \text{N} + \text{N} \rightarrow \text{N}_2 \quad (\text{N}\equiv\text{N})
L'oxygène partage deux doublets pour compléter son octet.

Ne confonds pas ionique et covalent

Règle de survie au concours : métal + non-métal → ionique (transfert), non-métal + non-métal → covalent (partage). NaCl est ionique (Na métal). CO₂, H₂O, N₂ sont covalents (que des non-métaux). Cette première question « qui se lie avec qui » oriente toute la suite du raisonnement.

🧩 Combien de doublets liants et non liants y a-t-il dans une molécule d'eau H₂O ? (O possède 6 électrons de valence.)

Facile

🧩 Dans le dioxyde de carbone CO₂, le carbone (4 électrons de valence) forme deux doubles liaisons avec les oxygènes. Vérifie que le carbone respecte l'octet.

Intermédiaire
Le réflexe concours⏱ 15 s — ionique ou covalente ?
  1. 1Un métal + un non-métal → liaison ionique : il y a transfert d'électron.
  2. 2Deux non-métaux → liaison covalente : ils partagent une paire.
  3. 3Repère chiffré : écart d'électronégativité supérieur à ~1,7 → ionique ; en dessous → covalente.

4Électronégativité et polarité

Dans une liaison covalente, le partage n'est pas toujours équitable. Certains atomes tirent plus fort sur les électrons que d'autres. Cette capacité d'un atome à attirer vers lui les électrons d'une liaison s'appelle l'électronégativité (EN). C'est une échelle sans unité (échelle de Pauling) : le fluor est le champion (EN = 4,0), l'oxygène suit (3,5), l'azote et le chlore (3,0), tandis que les métaux comme le sodium sont faibles (0,9). En règle générale, l'électronégativité augmente vers la droite et vers le haut du tableau périodique.

Ce qui compte pour classer une liaison, c'est la différence d'électronégativité ΔEN entre les deux atomes liés. Trois cas se présentent. Si les deux atomes sont identiques ou très proches (ΔEN ≈ 0), ils tirent également : la liaison est covalente apolaire, le nuage électronique est centré. Si l'écart est modéré, l'atome le plus électronégatif attire davantage le doublet, qui se décale vers lui : la liaison devient covalente polaire. On note alors une charge partielle négative δ⁻ du côté attractif et δ⁺ de l'autre. Enfin, si l'écart est très grand (au-delà d'environ 1,7), l'attraction est telle que l'électron est carrément arraché : on retombe sur la liaison ionique.

Fais varier les deux atomes et observe comment ΔEN fait basculer la liaison d'apolaire à ionique :

🔧 Fais varier l'écart d'électronégativité ΔEN entre deux atomes : la nature de la liaison change.

apolairepolaireionique

ΔEN = 1,2

Covalente polaire

Partage inégal : un pôle δ⁻, un pôle δ⁺ (ex. H–O).

ΔENType de liaisonExemple
---------
0 à 0,4Covalente apolaireH–H, Cl–Cl, C–H
0,4 à 1,7Covalente polaireH–O, H–Cl, H–N
> 1,7IoniqueNa–Cl, K–F
ΔEN=∣ENA−ENB∣\displaystyle \Delta EN = |EN_A - EN_B|
Le calcul de l'écart d'électronégativité qui classe la liaison.

Polarité de liaison ≠ polarité de molécule

Attention à cette subtilité qui piège tout le monde. Une liaison peut être polaire sans que la molécule entière le soit. Dans le CO₂ (O=C=O), chaque liaison C=O est polaire, mais la molécule est linéaire et symétrique : les deux tirages opposés se compensent, la molécule est globalement apolaire. Dans l'eau, coudée, les deux tirages ne se compensent pas : la molécule est polaire. La géométrie est donc décisive — d'où la section suivante.

🧩 La liaison H–Cl a EN(H) = 2,1 et EN(Cl) = 3,0. Calcule ΔEN et donne le type de liaison.

Facile

🧩 Compare les liaisons O–H (EN : 3,5 et 2,1) et Na–Cl (EN : 0,9 et 3,0). Laquelle est ionique ?

Concours

5La géométrie VSEPR

Une molécule n'est pas plate sur le papier : elle a une forme dans l'espace, et cette forme détermine sa polarité et sa réactivité. Pour la prédire, on utilise la théorie VSEPR (Valence Shell Electron Pair Repulsion, « répulsion des paires d'électrons de valence »). L'idée est d'une simplicité géniale : les doublets d'électrons autour d'un atome central sont tous négatifs, donc ils se repoussent mutuellement. Ils vont donc s'écarter le plus possible les uns des autres dans l'espace, comme des ballons attachés en un même point.

Il suffit de compter le nombre de doublets (liants et non liants) autour de l'atome central pour en déduire la géométrie. Avec 2 doublets, l'écartement maximal est de 180° : la molécule est linéaire. Avec 3 doublets, ils forment un triangle à 120° (géométrie triangulaire ou trigonale plane). Avec 4 doublets, ils pointent vers les sommets d'un tétraèdre, à 109,5° exactement. Les doublets non liants comptent dans la répartition mais « écrasent » un peu les angles, car ils prennent plus de place.

Doublets autour du centreGéométrie de baseAngleExemple
------------
2Linéaire180°CO₂
3Triangulaire plane120°BF₃
4Tétraédrique109,5°CH₄

Illustrons avec les molécules stars du concours. CO₂ : le carbone a 2 groupes d'atomes (les deux O), donc 2 directions → linéaire à 180°, molécule apolaire malgré ses liaisons polaires. CH₄ (méthane) : le carbone a 4 liaisons, aucun doublet libre → tétraédrique parfait à 109,5°. NH₃ (ammoniac) : l'azote a 3 liaisons + 1 doublet libre → 4 directions, mais le doublet libre pousse les liaisons, donnant une pyramide aux angles d'environ 107°. H₂O : l'oxygène a 2 liaisons + 2 doublets libres → 4 directions, mais les deux doublets libres écrasent l'angle à environ 104,5°, donnant la forme coudée de l'eau.

Pourquoi l'eau est coudée et non linéaire

On pourrait croire H₂O linéaire comme CO₂. La différence vient des doublets non liants de l'oxygène : ils occupent de l'espace et repoussent les deux liaisons O–H vers le bas, formant un « V ». Cette forme coudée est fondamentale : c'est elle qui rend l'eau polaire et lui donne toutes ses propriétés extraordinaires de solvant du vivant.

🧩 Le méthane CH₄ a un carbone entouré de 4 liaisons et aucun doublet libre. Quelle est sa géométrie et l'angle entre les liaisons ?

Facile

🧩 Dans NH₃, l'azote a 3 liaisons N–H et 1 doublet non liant. Combien de directions électroniques compte-t-on, et pourquoi l'angle (107°) est-il inférieur à 109,5° ?

Intermédiaire
Le réflexe concours⏱ 25 s — trouver une géométrie VSEPR
  1. 1Compte les zones autour de l'atome central : liaisons + doublets libres.
  2. 22 zones → linéaire · 3 → trigonale plane · 4 → tétraédrique.
  3. 3Un doublet libre écrase l'angle : 4 zones dont 1 libre donne une pyramide (NH₃), dont 2 libres une forme coudée (H₂O).

6Les forces intermoléculaires

Il faut bien distinguer deux niveaux. Les liaisons intramoléculaires (ioniques, covalentes) tiennent les atomes ensemble à l'intérieur d'une molécule : elles sont fortes. Les forces intermoléculaires agissent entre les molécules déjà formées : elles sont beaucoup plus faibles, mais ce sont elles qui décident si une substance est solide, liquide ou gazeuse à température ambiante, et quel est son point d'ébullition.

Les plus universelles sont les forces de Van der Waals. Elles naissent de fluctuations momentanées du nuage électronique : à un instant donné, les électrons peuvent être un peu plus d'un côté, créant un dipôle instantané qui en induit un autre chez le voisin. Ces forces sont faibles mais omniprésentes ; elles augmentent avec la taille de la molécule. C'est grâce à elles que les gaz nobles peuvent se liquéfier à très basse température, et que les grosses molécules d'huile sont liquides.

Bien plus forte est la liaison hydrogène. Elle apparaît quand un hydrogène est lié à un atome très électronégatif et petit — F, O ou N. Cet hydrogène, alors très δ⁺, est attiré par le doublet non liant d'un F, O ou N d'une molécule voisine. C'est une force intermoléculaire, mais la plus intense de toutes. Elle explique une anomalie célèbre : l'eau (H₂O, masse 18) bout à 100 °C alors que des molécules bien plus lourdes sont déjà gazeuses. Sans les liaisons hydrogène entre ses molécules, l'eau bouillerait vers −80 °C et la vie sur Terre serait impossible.

Pour le futur médecin

La liaison hydrogène est la liaison de la vie. Dans l'ADN, les deux brins de la double hélice sont maintenus ensemble par des liaisons hydrogène entre les bases : deux entre A et T, trois entre C et G. Elles sont assez fortes pour stocker l'information stablement, mais assez faibles pour être « ouvertes » lors de la réplication — un compromis parfait. Dans les protéines, ce sont encore des liaisons hydrogène qui stabilisent les hélices α et les feuillets β, donc la forme 3D qui donne à chaque protéine sa fonction. Une fièvre trop haute « dénature » les protéines en brisant justement ces liaisons hydrogène : la forme se défait, la fonction disparaît. Comprendre cette liaison, c'est comprendre pourquoi le corps meurt au-delà de 42 °C.

🧩 Parmi HCl, H₂O et CH₄, laquelle (lesquelles) peut former des liaisons hydrogène ?

Facile

🧩 L'ammoniac NH₃ bout à −33 °C, alors que le méthane CH₄, de masse voisine, bout à −161 °C. Explique cette énorme différence.

Intermédiaire

Vu au concoursPolaire ou apolaire ?

Piège classique : CO₂ possède des liaisons polaires mais la molécule est apolaire, car elle est linéaire et les effets se compensent. H₂O, coudée, ne compense rien : elle est polaire. La géométrie décide, pas les liaisons seules.

7Molécules polaires et solubilité

Toute cette théorie débouche sur une règle pratique d'une immense portée : « qui se ressemble s'assemble » (en anglais, like dissolves like). Un solvant dissout bien un soluté quand ils ont la même nature de polarité. Les substances polaires (et ioniques) se dissolvent dans les solvants polaires comme l'eau. Les substances apolaires se dissolvent dans les solvants apolaires comme l'huile ou les graisses. Polaire et apolaire, en revanche, se repoussent : l'huile ne se mélange pas à l'eau.

La raison est électrostatique. Pour qu'un soluté se dissolve, le solvant doit venir entourer ses particules et les stabiliser. L'eau, molécule polaire, oriente son côté δ⁻ (l'oxygène) vers les ions positifs et son côté δ⁺ (les hydrogènes) vers les ions négatifs : elle « emballe » chaque ion, c'est la solvatation. Elle sait faire ça avec le sel (ionique) ou le sucre (polaire, riche en groupes O–H). Mais face à une molécule d'huile apolaire, l'eau n'a aucune prise : elle préfère rester entre molécules d'eau, et l'huile se regroupe à part.

Solubilité des médicaments

Cette règle décide de la vie d'un médicament dans ton corps. Un principe actif doit être assez hydrosoluble (polaire) pour voyager dans le sang, qui est essentiellement de l'eau. Mais il doit aussi être assez liposoluble (apolaire) pour traverser les membranes cellulaires, faites de lipides apolaires. Tout l'art du pharmacien est de doser cet équilibre polaire/apolaire. Un anesthésique très liposoluble franchit vite la barrière du cerveau ; un médicament trop polaire reste dans le sang et est éliminé sans agir. La polarité, notion de chimie de secondaire, est donc au cœur de la pharmacologie.

🧩 Le sel de cuisine (NaCl, ionique) se dissout-il mieux dans l'eau ou dans l'huile ? Justifie.

Facile

🧩 On veut extraire une graisse (apolaire) d'un tissu. Choisira-t-on l'eau ou un solvant apolaire ? Et pour éliminer un excès de sucre (polaire) d'une préparation, quel solvant ?

Concours

Les erreurs qui coûtent des points

Confondre ionique et covalent

métal + non-métal → ionique (transfert) ; non-métal + non-métal → covalent (partage).

Oublier les doublets non liants en VSEPR

ils comptent dans les directions et écrasent les angles (H₂O coudée, NH₃ pyramidale).

Croire que CO₂ est polaire

ses liaisons sont polaires mais la molécule linéaire est symétrique, donc globalement apolaire.

Confondre polarité de liaison et de molécule

c'est la géométrie qui décide si les tirages se compensent ou non.

Voir une liaison hydrogène partout

il en faut un H lié à F, O ou N ; H–C ou H–Cl ne comptent pas.

Prendre NaCl pour une molécule

c'est un cristal ionique géant ; la formule donne le rapport des ions, pas une molécule isolée.

Inverser la règle de solubilité

polaire dissout polaire, apolaire dissout apolaire ; on ne mélange pas les deux.

Points clés à retenir

  • Règle de l'octet : les atomes gagnent, perdent ou partagent des électrons pour atteindre 8 électrons de valence (2 pour H).
  • Liaison ionique : transfert d'électrons entre métal et non-métal, formant des ions opposés qui s'attirent en cristal (Na⁺Cl⁻).
  • Liaison covalente : partage de doublets entre non-métaux ; simple, double ou triple selon le nombre de doublets liants.
  • Électronégativité : capacité à attirer les électrons ; ΔEN classe la liaison (apolaire < 0,4 < polaire < 1,7 < ionique).
  • Polarité de molécule = polarité des liaisons + géométrie : CO₂ apolaire (linéaire), H₂O polaire (coudée).
  • VSEPR : les doublets se repoussent et s'écartent au maximum → linéaire 180°, triangulaire 120°, tétraédrique 109,5°.
  • Forces intermoléculaires : Van der Waals (faibles) et liaison hydrogène (forte, F/O/N), clés de l'ADN et des protéines.
  • Solubilité : « qui se ressemble s'assemble » ; la polarité gouverne aussi l'absorption des médicaments.

Le chapitre en 8 points

Récap animé— Liaisons chimiques et géométrie moléculaire en 8 points

01 / 08

Règle de l'octet

Les atomes se lient pour compléter leur couche externe à 8 électrons (2 pour H) et gagner en stabilité.

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